Pour réussir la transition énergétique, engageons la rénovation des bâtiments

La hausse des coûts de l’énergie, l’accélération du phénomène de précarité énergétique et l’adoption récente de la directive européenne relative à l’efficacité énergétique imposent à tous un changement profond dans la manière d’aborder le sujet de l’énergie en France : il faut passer d’une politique de l’offre à celle de la maitrise de la demande en énergie.

Un travail législatif, réglementaire et économique doit être mené dès maintenant pour améliorer les mécanismes existants et en inventer d’autres permettant la massification des travaux d’efficacité énergétique sur le long terme et engager de manière irréversible la trajectoire de division par 4 des émissions de gaz à effet de serre en France.

L’argument principal opposé à l’efficacité énergétique est qu’elle exige un coût initial important. C’est avoir une vision tronquée par « l’extrême court termisme » : les économies d’énergie sont un investissement productif, surtout à un moment où les coûts énergétiques ne cessent d’augmenter et où l’activité économique du secteur de la construction est en berne. Le caractère patrimonial et économique de l’efficacité énergétique a été compris par de nombreux industriels français et investisseurs qui en font le pari au périmètre de leurs activités et pour le compte de leurs clients. Ils attendent maintenant un geste de la France pour leur fournir un cadre juridique stable ainsi qu’un marché pour investir massivement. Si la France ne saisit pas cette opportunité, ce sont vers d’autres cieux que ces fonds s’envoleront au détriment, encore et toujours, des territoires des entreprises petites ou grandes, qu’ils accueillent. A 69 milliards d’euros de déficit énergétique en 2012, et un différentiel de plus de 250 milliards avec nos voisins allemands au niveau de la balance commerciale, la France a plus que jamais besoin de développer l’efficacité énergétique.

L’efficacité énergétique est une source majeure de création de valeur économique et d’emplois qualifiés non délocalisables. L’industrie de l’efficacité énergétique est déjà prête à répondre aux besoins. Elle se structure et se forme actuellement pour accompagner la montée en puissance de la rénovation énergétique. Elle permettra aux consommateurs, dont le rôle est central, de ne pas subir la hausse tendancielle du coût de l’énergie en France par la réduction de leurs besoins et par la maitrise de leur consommation. Elle permettra enfin de résorber structurellement la précarité énergétique dont l’urgence de traitement est régulièrement soulignée.