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Programmation pluriannuelle de l’énergie : la charrue toujours avant les boeufs

Ce matin avait lieu la conférence de presse des acteurs en transition (ATE) relative à la (non)publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie.

Alors que la PPE devait être mise en consultation au plus tard le 31 décembre 2015, elle est toujours attendue plusieurs mois plus tard. Seuls des objectifs  pour les énergies renouvelables ont pour le moment été annoncés.

Extrait du dossier de presse relatif à l’efficacité énergétique :

La Coalition France pour l’Efficacité Energétique souligne que la PPE doit se fonder sur des scénarios de consommation d’énergie intégrant des objectifs de baisse prévus dans la loi sur la transition énergétique. La maitrise de la demande en énergie souffre aujourd’hui d’un manque chronique de vision globale et de l’éparpillement des initiatives alors même qu’elle doit être la pierre angulaire du modèle énergétique français.

Cette vision long terme en matière de politique d’efficacité énergétique n’est pas seulement une exigence de la PPE, elle
apparaît également dans l’article 4 de la loi de transition énergétique : « Tous les cinq ans, le Gouvernement remet au Parlement un rapport qui détaille la stratégie nationale à l’échéance 2050 pour mobiliser les investissements en faveur de la maîtrise de l’énergie dans le parc national de bâtiments publics ou privés, à usage résidentiel ou tertiaire. » La directive relative à l’efficacité énergétique adoptée en 2012 impose ce travail aux Etats-membres. La France, en plein débat sur la loi sur la transition énergétique, a notifié une première stratégie à Bruxelles afin d’éviter de s’attirer les foudres de la Commission européenne. Si elle respecte les exigences européennes sur la forme, elle est beaucoup plus légère sur le fond et parfois sujette à caution : il est donc indispensable de la mettre à jour de manière approfondie.

Dernier élément plaidant en faveur d’une publication rapide de la PPE : l’article 14 prévoit la remise au Parlement d’une étude sur la simplification des aides à la rénovation énergétique qui est l’un des obstacles majeurs au décollage de ce secteur. Les réformes nécessaires en matière de financement de l’efficacité énergétique s’inscrivent sur le long terme et nécessitent de s’appuyer sur des scénarios solides de manière à calibrer le plus finement possible les outils et les circuits financiers. Sans scénario de long terme et sans financements adjoints, les objectifs de la loi sur la transition énergétique finiront comme ceux du Grenelle : la France est en passe de rater son objectif d’efficacité énergétique pour 2020, au grand dam des  consommateurs, des protecteurs de l’environnement, des industriels et des PME de l’efficacité énergétique. Des pays comme la République Tchèque ont réussi dès 2014 à publier des scénarios 2050 très fouillés : pourquoi la France n’en serait elle pas capable ?

Dossier de presse complet ATE