Pour réussir la transition énergétique, engageons la rénovation des bâtiments

Directive Efficacité Energétique : la France va-t-elle enfin passer de la parole aux actes ?

Communiqué de presse co-signé par le CLER, le Réseau action climat, FNE, FNH, Greenpeace, WWF, Isolons la Terre contre le CO2, le Gimelec, Effinergie et UFC-Que Choisir

Alors que la campagne présidentielle détourne l’attention de nos concitoyens des travaux législatifs en cours, les associations de protection de l’environnement, les associations de consommateurs et les associations de promotion de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment souhaitent interpeller le gouvernement sur les opportunités que représente la directive sur l’Efficacité Energétique en préparation à Bruxelles et lui demandent instamment d’adopter une position constructive pour que cette Directive soit ambitieuse.
L’énergie la moins chère et la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas. Ce credo, maintes fois répété et agréé en France lors du Grenelle de l’Environnement et plus récemment lors de la table ronde nationale sur l’efficacité énergétique, se voit aujourd’hui offrir une chance de prendre une dimension européenne grâce au projet de directive sur l’efficacité énergétique qui fera à partir du 13 avril l’objet d’une négociation tripartite entre la Commission européenne, les Etats-Membres et le Parlement Européen.

Après l’adoption d’un texte ambitieux par le Parlement européen, les premières prises de position officielles de l’administration française sur le projet suscitent l’étonnement et nombre de leurs demandes inquiètent, comme la suppression du plan de long terme de rénovation de l’ensemble du parc immobilier, l’affaiblissement de l’ambition de développement de la cogénération ou bien encore l’exclusion des collectivités locales de l’obligation de rénovation des bâtiments publics.

De plus, alors que le coût des carburants bat actuellement des records, la demande de ne pas prendre en compte dans l’assiette de calcul des pans entiers de la consommation énergétique française mène à une diminution de 40% des objectifs globaux d’économies d’énergie. La position Française actuelle conduirait donc à revoir considérablement à la baisse les ambitions de la Directive proposées par la Commission et le Parlement ; elle apparaît aussi en complet décalage avec les objectifs et exigences fixées dans les lois Grenelle 1 et 2 et avec la volonté affichée par le Gouvernement lors de la concertation nationale fin 2011.