Pour réussir la transition énergétique, engageons la rénovation des bâtiments

Bilan 2015 des prêts KfW pour la rénovation énergétique : ce qu’il faut retenir

Comme il est de tradition tous les ans depuis 2010, la KfW (banque publique allemande) a publié fin 2015 le bilan de ses programmes dédiés à l’efficacité énergétique dans les bâtiments pour l’année 2014.

Il faut tout d’abord saluer le travail très fouillé effectué par l’IWU et l’institut Fraunhofer : le rapport de plus de 100 pages détaille avec précision et parfois à la maille des Länder les effets positifs de ces prêts sur la réduction des consommations d’énergie et donc d’émissions de CO2, sur l’emploi et sur l’investissement. Il détaille également les différentes typologies de travaux engagés. Le chemin est à ce titre encore long pour son équivalent français, le rapport OPEN de l’ADEME, pour rattraper son alter-ego allemand, tant en termes qualitatif que quantitatif  (publié au mieux tous les 3 ans).

Côté volume, la KfW a accordé 97 142 prêts à la rénovation énergétique représentant 230 109 logements. Cela représente 1 400 GWh d’énergie finale d’économisée ou encore 514 000 tonnes de CO2.

Le total de ces prêts a atteint en 2014 5,9 milliards d’euros. Ces derniers induisent de plus des investissements indirects qui ont eux atteint 4,833 milliards d’euros. L’effet levier des prêts KfW sur l’investissement total des consommateurs dans leurs travaux atteint donc 1,77.

Sur ces 5,9 milliards d’euros initiaux, 944 millions reviennent au final à l’Etat fédéral sous forme de TVA.

Des chiffres plus ou moins comparables avec la France

Côté financier, il est intéressant de comparer l’efficacité du système allemand avec celui français qui repose essentiellement sur le Crédit d’impôt transition énergétique dont l’effet levier est de 3,3 (l’Etat rembourse via le CITE 30% du montant investi par le consommateur).

L’Etat fédéral investit lui 2 milliards d’euros dans les programmes de prêts efficacité énergétique dans le bâtiment de la KfW qui bénéficient à la fois à la rénovation (pour un total de 5,9 milliards d’euros) et le neuf (pour un total de 26, 4 milliards d’euros) : on obtient donc un effet levier entre fonds publics engagés et montant total des prêts KfW octroyés d’un peu plus de 14, ce qui est cohérent avec l’étude de l’IDDRI de 2013.

La comparaison se corse lorsque l’on essaye de comparer les niveaux de performance : les réglementations thermiques sont effet très différentes entre l’Allemagne et la France. En première approche et grâce à la dernière étude BPIE, les exigences allemandes pour le neuf sont équivalentes à celles de feu la RT 2005 française.

On estime alors que grâce aux prêts KfW, environ 6 000 logements ont été rénovés en 2014 en Allemagne au niveau A ou B, environ 34 000 au niveau C ou D et que 186 000 ont bénéficié d’un travaux. Pour ce dernier, il est intéressant de noter que les exigences performantielles imposées la KfW sont très supérieures à celles du CITE français : +25% pour l’isolation des murs, entre +18% et +37% pour celle du toit, +27% pour les fenêtres, etc.

La comparaison avec l’étude française OPEN est ici très difficile puisque cette dernière considère tous les travaux engagés en France, avec ou sans utilisation des mécanismes de soutien (Eco-ptz, CITE, etc.) alors que l’étude KfW ne prend pas en compte les travaux engagés hors prêt KfW même s’ils ont un impact sur la performance énergétique (un peu comme si l’étude OPEN ne prenait en compte que les travaux déclarés via le CITE ou l’Eco-ptz).

Un impact important sur l’emploi

Cet investissement de 5,9 milliards d’euros dans la rénovation énergétique permet fournit du travail à 72 000 personnes.

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L’analyse complète 2015 (un résumé en anglais est disponible en début de document) des programmes rénovation énergétique de la KfW est disponible ici.